La trêve fait plier l’azote
Baisse réelle mais courte : la demande dort encore, et l’Iran change tout
CE QUE LE MARCHÉ NOUS DIT CETTE SEMAINE :
En Belgique : la baisse continue, la demande dort encore
La détente s’est poursuivie cette semaine sur l’ensemble des azotés. Quelques agriculteurs ont saisi la fenêtre, comme la semaine passée, mais on ne peut vraiment pas parler de réveil de la demande : l’essentiel des besoins de la prochaine campagne reste à acheter. Les premières moissons commencent à rentrer dans le nord-ouest européen, et avec elles le marché se fige ; on ne signe pas d’engrais quand la moissonneuse est dans la parcelle. Les premiers résultats sortent sous les moyennes attendues, sans grande surprise (les premières parcelles ne sont jamais les meilleures) : rien d’anormal, mais rien d’exceptionnel non plus. L’écart blé / engrais reste large, le blé peinant autour de 200 €/t ; à ce rapport, peu d’agriculteurs se pressent.
Pourquoi l’azote a encore baissé : la trêve, plus que la demande
Cette fois, la géopolitique a bien joué. La réouverture du détroit d’Ormuz, prévue par l’accord du 14 juin entre les États-Unis et l’Iran, a fait refluer le pétrole et, dans son sillage, l’azote. L’urée a touché un point bas avant de corriger à la hausse elle est aujourd’hui à 480€ départ Gand, la solution azotée s’est repliée à 405 €/t départ Gand. Ajouté à l’attentisme général, cela entretient la baisse. Mais cette détente tient à un fil.
Accord États-Unis / Iran : signé, mais loin d’être bouclé
L’accord du 14 juin n’est qu’un mémorandum d’étape : une trêve de 60 jours pour négocier le fond (nucléaire, sanctions, contrôle d’Ormuz). Or les pourparlers en Suisse ont calé ce week-end sur ces trois points, et la menace de reprise des frappes est revenue. Le cessez-le-feu reste fragile, et au Liban les combats n’ont pas cessé. Bref, ce que nous redoutions la semaine dernière commence à se vérifier : la paix n’est pas aussi simple qu’annoncé. Tant que le gaz reste cher et la trêve incertaine, un plancher subsiste sous les prix.
À retenir :
La baisse vient surtout de la trêve (réouverture d’Ormuz). Urée repassée autour de 480 €/t départ Gand, solution azotée à 405 €/t : la fenêtre est réelle mais courte. Deux forces opposées la cadrent : une demande d’automne presque entière, qui peut repartir d’un coup, et un possible retour de l’Iran, qui tirerait au contraire les prix vers le bas. Trêve fragile d’un côté, Iran de l’autre : c’est tout l’enjeu des prochaines semaines.
CE QUI PEUT FAIRE BOUGER LES PRIX
Deux forces tirent en sens inverse.
À la hausse, la demande d’automne. La couverture est très en retard (environ 20 % sur le nitrate, autour de 10 % sur le reste). Une fois la moisson rentrée, elle peut revenir d’un coup ; et l’hémisphère Sud entre en saison et va consommer du volume. Le gaz, toujours plutôt cher, empêche par ailleurs les coûts de production de s’effondrer.
À la baisse, l’Iran. C’est la vraie inconnue de l’été. L’Iran est le troisième exportateur mondial d’urée, à peu près au niveau de la Chine, et ses usines ont surtout été mises à l’arrêt, pas détruites : elles peuvent redémarrer vite. Si la levée des sanctions prévue par l’accord se concrétise, ce sont de gros volumes d’urée à bas prix qui reviendraient sur le marché. À surveiller de près : ce seul facteur peut peser plus lourd que tout le reste.
CAN 27 / AMMONITRATE :
Le CAN 27, principal nitrate du marché belge, suit lui aussi la détente internationale. L’offre départ Gand ressort à 360 €/t : toujours le bon plan pour une couverture au meilleur prix avant le réveil de la demande d’automne.
-
CAN 27 :
360 €/t vrac départ Gand
Urée :
Nouvelle baisse marquée : l’urée 46 a touché un point bas sous les niveaux précédant la crise d’Ormuz, avant de corriger à la hausse. Le point bas est crédible à court terme, mais le plancher dépend désormais de l’Iran et de la demande. Un rebond reste possible si la trêve déraille ou si la demande d’automne se réveille ; une rechute l’est tout autant si l’Iran revient sur le marché.
-
Urée :
480 €/t vrac départ Gand
Solution azotée :
Elle a suivi l’urée : 405 €/t départ Gand. C’est toujours le produit qui absorbe le plus la baisse de l’urée, mais son approvisionnement reste structurellement tendu : si l’urée rebondit, la solution azotée sera la première à repartir.
-
Solution azotée :
405 €/t départ Gand
Phosphore — DAP & TSP
Marché toujours inchangé. C’est pourtant ici que la détente devrait se voir le plus si la situation se calme, mais elle tarde : certaines usines touchées ne redémarreront pas vite, et l’ICIS n’attend pas de retour à la normale avant 2027. À surveiller pour la campagne colza, qui se joue à l’implantation.
-
DAP (18-46-0) :
~850 €/t départ Gand
-
TSP (45 %) :
~685 €/t départ Gand
Soufre & sulfonitrates
Peu de mouvement. Le marché était déjà tendu avant le conflit ; le sulfate d’ammoniaque se tient. Pas de retournement à court terme.
Potasse — KCl
Stable à 358 €/t départ Gand. Marché à part, peu concerné par l’azote : aucune raison de monter, mais si beaucoup font l’impasse, les vendeurs pourraient défendre leur marge sur de petits volumes.
KCl :
~358 €/t départ Gand
La recommandation de Julie
STABUR® à 515 €/t départ : le seul azote dont vous récupérez chaque unité
L’urée a fait de l’œil. Mais regardez ce qui finit vraiment dans la plante. En entrée d’été, sans inhibiteur, l’urée s’évapore : 15 à 20 % d’azote partent dans l’air, davantage par temps chaud ou sur sol calcaire. Vous payez 480 €/t… et vous n’en captez que 80 %. Le vrai coût grimpe alors autour de 1,25 à 1,30 € l’unité d’azote efficace.
Le STABUR®, lui, ne laisse rien filer. Sa double inhibition bloque les pertes : tout l’azote reste disponible, aussi efficace qu’un nitrate. À 515 €/t départ, il revient à environ 1,12 € l’unité réellement captée ; moins cher que l’urée, et surtout loin devant le CAN 27, qui ne volatilise pas mais reste, à 27 % d’azote, autour de 1,30 à 1,35 € l’unité. Les 50 € d’écart sont remboursés dès les premières unités sauvées, et vous épandez moins de tonnes pour le même azote.
À l’unité d’azote efficace, le STABUR® est aujourd’hui le produit le plus rentable de la gamme ; et avec une urée iranienne qui pourrait revenir bousculer les prix, sécuriser dès maintenant son azote efficace, c’est la seule chose qui ne dépendra ni de la météo, ni de la géopolitique.